Projets / Programmes
Le projet de construction
Les deux séquences des guerres qui se sont déroulées en République Démocratique du Congo (RDC) depuis 1998 ont littéralement placé les institutions de santé dans un état de délabrement pitoyable. C'est le cas du Centre Médical Évangélique (CME) de Nyankunde, un centre qui constituait l'unique institution sanitaire référence et spécialisée de la région est aujourd'hui réduit au néant (voir les photos ci-dessous). Ce centre tente aujourd'hui de se reconstituer, mais la conjoncture actuelle ne lui permet pas de fonctionner correctement.

Le Centre Médical Évangélique (CME) de Nyankude a été littéralement sacagé par les rebels.

Les différents départements du CME de Nyankunde sont dans un état de délabrement avancé. Ici une missionnaire évalue la situation en vue de redémarrer les activités.
C'est à partir de la dégradation des institutions sanitaires de cette région que l'idée de mettre en place un Centre hospitalier spécialisé dans les soins maternels et infantiles nous est arrivée, les mères et les enfants étant le groupe à haut-risque et le plus vulnérable. Mais, depuis son ouverture notre Centre Mère-Enfant fonctionne dans les bâtiments de location dont l'enveloppe mensuelle s'estime à $600 US par mois. Au fil du temps, ces dépenses se sont avérées suffocantes pour un budget encore chancelant comme le notre. Pour ce faire, CSCODI par le truchement de son Conseil d'Administration (CA) a solennellement résolu de mettre sur pieds un projet de la construction de ses propres bâtiments sur le terrain offert par le gouvernement. Étant donné l'échéance accordée par le gouvernement pour ériger ces bâtiments a expiré en 2009, CSCODI a jugé bon d'amorcer la construction, bien que les fonds ne soient encore disponibles. Les travaux de construction ont été confié à l'ingénieur Mbusa Mbailwako Osée, qui fait preuve d'une grande dextérité avec la construction du Centre universitaire protestante bilingues de Beni. Un comité de construction composé des membres issus de diverses institutions locales crédibles a été constitué et il revient à ce dernier de gérer toutes les finances allouées à ce projet.

Début de la construction du Centre Mère-Enfant du CSCODI-Beni

Ici nous retrouvons l'ingénieur Osée Mbailwako (au premier plan) et son équipe, en plein services.

Démarrage des travaux de la construction du Centre Mère-Enfant du CSCODI à Beni ont déjà commencé.

Démarrage des travaux de la construction du Centre Mère-Enfant du CSCODI à Beni ont déjà commencé.
Ce centre sera dédié exclusivement aux soins des mères et des enfants qui constituent le groupe à haut-risque en République Démocratique du Congo (RDC), et plus singulièrement dans la région du Nord-est. Nous profitons de cette occasion pour lancer un appel fervent à quiconque aimerait contribuer financièrement à la construction de notre Centre Mère-Enfants (CMEnf) de nous contacter aux numéros de téléphones repris à la page de couverture.
Santé
La RD. Congo a connu une dictature de 32 ans suivie d'une guerre de 6ans. Ces deux situations ont détruit complètement le tissu économique, social et plongé le pays dans une pauvreté, une des plus profonde de la planète. Les hôpitaux et centres de santé sont dans un état de dégradation avancé. Ceux qui restent fonctionnels manquent des équipements et fournitures médicales. La mortalité maternelle et infantile en RDC est comptée parmi la plus élevée de la planète. Les statistiques nationales estiment que 1834/100,000 naissances vivantes de femmes meurent pour des causes liées à la grossesse, soit 5 femmes par minutes. Quant aux enfants, ce taux de mortalité s'estime à 234/1000 naissances vivantes d'enfants. Pourtant, 80% de la population qui vit de l'agriculture souffrent présentement de l'insécurité alimentaire due à la diminution des récoltes. Le taux de malnutrition sévère a augmenté parmi les enfants et même les adultes affichent des signes de malnutrition sévère (Médecins sans frontière, 2005)
Importation d'équipements médicaux usagés
Effectivement, les infrastructures sanitaires en RDC ont été systématiquement pillées et détruits par les soldats rebelles qui emportaient avec eux tous les médicaments et équipements, à chaque fois qu'ils devaient quitter le lieu. C'est ainsi que pour les simples examens du laboratoire, les malades parcourent des kilomètres avant d'atteindre des hôpitaux et centres de santé de référence. Faute d'inaccessibilité géographique et économique à ces infrastructures sanitaires, beaucoup de personnes qui sont mortes se comptent par milliers. C'est ainsi, CSCODI a multiplié des contacts auprès des ONG Canadiennes chargées de la collecte et distributions des médicaments et équipements médicaux pour venir en aide à quelques hôpitaux et centre de santé de la RDC. En Mars 2006 CSCODI a conjointement reçu deux conteneurs de 40 pieds, remplis de fournitures et équipements médicaux, offert par la Collaboration Santé Internationale (CSI) et Global Relief Funds. CSCODI a distribué une partie aux hôpitaux et centre de santé publique, et a implanté un Centre Mère-Enfant (CME) avec le reste.
Ces équipements ont été gardés gratuitement dans les entrepôts d'une entreprise locale de transport dénommée : Transport Messagers du Kivu (TMK), pour laquelle nous réitérons nos sincères gratitudes. Nous lançons l'appel à toutes les firmes pharmaceutiques et hôpitaux qui veulent se débarrasser de leurs produits et équipements de nous contacter pour la récupération. La revitalisation des infrastructures sanitaires en RD Congo est une tâche difficile car c'est un pays très vaste.
Centre Mère-Enfant (provisoire) de Béni
Le 27 décembre 2006, un centre mère-enfant a été ouvert à Beni dans un bâtiment provisoire en attendant la construction d'un centre sur le terrain de CSCODI. Dès l'ouverture, plusieurs femmes et enfants sont venus pour les soins de sorte que les 30 lits n'étaient pas à mesure d'héberger les patients qui nécessitaient une hospitalisation. Le besoin est donc très grand et la construction d'un centre d'une capacité de 150 lits s'avère indispensable.
Les services de maternité, pédiatrie, laboratoire, pharmacie, chirurgie et de consultation ambulatoires sont fonctionnels dans le centre. Les suivies à domiciles permettent à l'équipe d'entrer dans les villages ou l'évaluation des facteurs qui affectent la santé des femmes et des enfants est alors effectuée et des plans locaux d'autonomisation des femmes et des jeunes permettent de combattre les causes de la mortalité à la source avec les efforts de la communauté elle-même.
Cependant les besoins du centre sont encore énormes. il faut des équipements comme des tambours pour la stérilisation, des médicaments injectables, des réactifs du laboratoire, des pinces pour les petites et grandes chirurgies, les imperméables sur les matelas. La ville de Beni n'est pas électrifiée. Il faudra de l'électricité à l'intérieur du bâtiment. Cela demande un achat d'un générateur de 10 KVA ou alors des panneaux solaires. Néanmoins, CSCODI veut soutenir matériellement d'autres institutions et devenir un Centre de distribution des matériels médicaux et équipements de soins.



Maternité sans risque (MSR)
Le programme de la maternité sans risque (MSR) est une branche spécialisée du Centre Mère-Enfant du CSCODI qui veut faire de l'accouchement une heureuse circonstance pour la famille qu'une occasion de l'endeuiller par le décès de la mère ou de l'enfant. Dans son intervention, la MSR émet les postulats suivants : une grande partie des mères accouchent à domicile sans aucune assistance d'un personnel formé. Le transfert des mamans de la maison vers les centres de santé, et des centres de santé vers les hôpitaux de référence se fait difficilement et tardivement, le plus souvent lorsque la mort est éminente. Les sages-femmes ont reçu une formation de base non standardisée, ne leur permettant pas de bien gérer les urgences obstétricales et de bien diagnostiquer les grossesses à haut risque. Elles ne reçoivent aucun recyclage, et ceux qui les supervisent attachent moins d'intérêts aux soins maternels et infantiles.
Les sages-femmes sont mécontentes du petit salaire qu'elles reçoivent, variant entre 10 à 20$ par mois, ce qui explique en partie leur mauvais comportement envers les malades. Les mères n'utilisent pas les services de planning familial (P.F.), qui sont toujours en ruptures des stocks, et de mauvaise qualité. De même, les méthodes traditionnelles de planification familiale n'étaient pas clairement présentées aux mères. Les services de Consultation Prénatale qui s'effectuent dans les cliniques sont souvent de routine. Les partogrammes ne sont ni étudiés dans les écoles, ni utilisés pour surveiller le travail d'accouchement. La population n'arrive plus à payer les soins médicaux; elle a très peu d'activités génératrices d'argent. Les mères sont les plus marginalisées dans la société et n'ont pas de place dans le processus de prise de décisions. C'est sur base de ces postulats que le plan d'action du programme de la MSR est conçu.
Construction d'un plus grand centre Mère-Enfants sur le terrain de CSCODI
Les autorités locales et toute la communauté de la ville de Béni ont donné à CSCODI un terrain de 100 x 300 mètres où sera construit un centre hospitalier de 150 lits, spécialisé dans les soins des mères et des enfants. Ce centre sera aussi un complexe qui abritera d'autres programmes spécialisés, tels que la prise en charge des personnes marginalisées,
l'alphabétisation des femmes et filles violées, des veuves et enfants de la rue, des personnes retraités et sans emploie, brefs la communauté exclues. Au programme, le centre aura un département de professionnalisation. Pour ce faire, le centre aura besoin du matériel didactique, des engins pour l'agriculture et des champs de démonstration, où les agriculteurs devraient s'exercer avant d'appliquer les connaissances acquises dans leurs propres champs.
Éducation
En RD. Congo, la scolarisation au niveau primaire est de 52% pour l'ensemble du pays. Aucune province n'a atteint le seuil de 80%, l'un des objectifs du Sommet mondial pour les enfants. Les provinces de l'équateur et du Nord-Kivu présentent respectivement un taux de scolarisation de 37% et 34% d'enfants fréquentant actuellement un établissement d'enseignement primaire. Pourtant, le manque de scolarisation augmente le nombre d'enfants de la rue, ouvre la voie à la débauche, aux risques de VIH/SIDA, et crée des conditions de marginalisation, d'exclusion et de privation de dignité humaine. L'analphabétisme en milieu rural (14%) est de loin supérieur à celui du milieu urbain (40%). Le taux féminin en milieu rural (55%) est plus du double de celui des femmes du milieu urbain (21%). De même, le taux d'analphabétisme des adultes varie entre 11% à Kinshasa et 48% au Nord-Kivu. Toujours au Nord-Kivu, l'écart entre les sexes est très élevé, soit 35% pour les hommes et 65% pour les femmes. C'est l'une des raisons pour lesquelles CSCODI s'est implanté au Nord-Kivu.
Soutien logistique aux établissements scolaires :
CSCODI récupère toute fourniture scolaire provenant des institutions scolaires de Québec. Il s'engage à envoyer au moins un conteneur de 40 pieds chaque année en vue de répondre aux besoins pressant de l'éducation en République Démocratique du Congo.
Orphelinat
Contrairement au CMEnf, l'orphelinat est un projet de partenariat coopératif géré conjointement, par CSCODI et la Compassion pour les enfants en détresse (la CED). Rappelons-nous qu'en Novembre 2006, Mme Mbambu Dorcas (directrice de l'orphelinat) a formulé son vœu de céder l'orphelinat au CSCODI, eu égard à l'incapacité de la CED de couvrir les besoins de ces enfants. A l'époque, nous n'avions pas assez d'information sur les modalités des organismes canadiens à collaborer avec ceux de l'extérieur du canada. Nous avions donc accepté la demande de Madame Dorcas, qui rappelons-le, sous-entendait une cession totale de l'orphelinat. Nous avions alors signé un accord entre la CED et le CSCODI. Bien qu'un accord ait été signé, nous nous sommes rendus compte que la CED collaborait avec d'autres organismes pour des interventions ponctuelles sans consulter au préalable les autorités du CSCODI. En d'autres termes, nous nous sommes rendus comptes que le CSCODI n'avait pas encore une main mise sur l'ensemble des dossiers de l'orphelinat, d'où au lieu de parler en terme de cession mieux valait plutôt parler d'un partenariat coopératif. Cette façon de voir s'harmonise avec le ministère du gouvernement du Canada qui régit les organismes de bienfaisance. Ce faisant, nous avons révisé et amandé les textes du contrat antérieurement signé et l'adapter aux normes gouvernementales en vigueur.
Cette mise au point nous permet aujourd'hui de bien jouer notre rôle et connaître nos limites dans nos interactions avec la CED. Somme toute, l'année 2008 a été une année de grandes réalisations. D'abord, quatre Assemblées Évangéliques québécoises ont conjugué leurs efforts pour envoyer un conteneur plein des fournitures scolaires et des cartables pour 200 élèves (photos ci-dessous).

Emballage des fournitures scolaires pour 200 orphelins du CSCODI en RDC, en Février 2008.

Emballage de 200 sacs au dos et serviettes pour les orphelins du CSCODI à Butembo.

Emballage des serviettes offertes par un organismes chargé des soins aux personnes âgées du Québec.

Des cartons emballés sont prêts pour leur expédition vers la RD Congo.
En plus, l'Assemblée de Sainte-Foy s'est engagée d'octroyer un don de $175 canadiens en vue de subvenir exclusivement aux besoins des orphelins. Un compte spécial a été ouvert pour accueillir ces dons. L'argent collectionné est envoyé trimestriellement aux orphelins et sert essentiellement à approvisionner l'orphelinat en denrées alimentaires (riz, haricots, farine, etc.) et à payer les frais médicaux. En dehors de cette intervention ponctuelle, d'autres Églises et organismes québécois ont apporté une contribution substantielle à l'orphelinat. C'est le cas de l'École l'Eau Vive et du CEGEP Garneau qui ont fourni environ 500 volumes de manuels pour notre école d'orphelins. Sur ce, il faut ajouter les interventions ponctuelles de certaines Assemblées et Églises locales. De même, un Home de personnes âgées nous a fourni des vêtements et des serviettes pour l'école des orphelins et pour les familles pauvres du Nord-est de la RDC. Après un délai de deux mois environs, le conteneur est arrivé en RDC et les dons ont été distribués aux orphelins.

L'arrivée du conteneur à Beni, en République Démocratique du congo (RDC)

Maman dorcas et les quelques orphelins portant les T-shirts offerts par un organisme chargé des soins aux personnes âgées du Québec.

Les orphelins reçoivent pour la toute première fois de leur vie un sac scolaire.

Accompagnés de leur enseignante, les orphelins sont heureux de recevoir les fournitures scolaires.
L'orphelinat compte aujourd'hui 221 enfants, dont 25 âgés de moins de 5 ans, 52 âgés de 5 à 10 ans, 104 âgés entre 10 et 17 ans. Notons aussi que seuls 49 enfants sont hébergés sur le site du CSCODI pendant que 168 sont dispersés dans les familles d'accueils, mais dont les soins retombent exclusivement à la charge du CSCODI. Plus récemment, suite aux affrontements entre les groupes rebelles et l'armée régulière, l'orphelinat a accueilli environ 50 nouveaux orphelins. Cet afflux inopiné a aggravé le problème d'hébergement, d'où la nécessité de construire un home pour les plus jeunes. Le problème des locaux se posent aussi pour l'école des orphelins. Jadis, l'école d'orphelins était abritée dans un bâtiment de location dont le coût était estimé à $250 US par mois. Après la vente de ce bâtiment, l'école des orphelins a fonctionné dans des bâtiments empruntés d'une autre école. Cependant, au bout d'un certain temps, la direction de cette école a fini par déloger l'école des orphelins de ses bâtiments à cause du conflit d'horaire.

Le premier bâtiment scolaire en location emprunté et vendu par le propriétaire.

Ici nous avons le second bâtiment que l'école des orphelins partageait avec une autre école.
Devant cette impasse, nous étions obligés de construire nos propres bâtiments en terre battue, avec l'espoir de construire des bâtiments plus durables aussitôt que les fonds seront disponibles. Comme nous pouvons le voir, ces nouveaux locaux nécessitent beaucoup d'amélioration pour les enfants puissent étudier dans des conditions confortables.

La préparation de la terre battue pour construire nos propres bâtiments scolaires.

Ici, maman Dorcas et quelques orphelins se tiennent débout devant nos bâtiments en construction.
Notons qu'au terme de leur école secondaire les orphelins ont deux grandes orientations. Les uns préfèrent continuer leurs études à l'Université, ce qui n'est pas évident car nous n'avons pas suffisamment des fonds pour couvrir leurs frais scolaires. C'est ainsi que nombreux d'entre eux apprennent les métiers vocationnels et se mettent immédiatement sur le marché d'emploie. Dans cette dernière catégorie CSCODI envoie des équipements appropriés tels que les moulins pour les vêtements (plus particulièrement pour les filles) et des maçonneries ou charpentier pour les garçons. D'autres encore sont repris par les membres de leur famille élargie où ils apprennent à se débrouiller d'autres métiers locaux.
Prise en charge des femmes et des jeunes filles violées
Le phénomène du viol des femmes dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo (DRC) est devenu un grand stigma dans la vie des femmes, plus particulièrement les adolescents, puisqu'il s'attaque à leur dignité de mère ou de fille. Le viol des femmes inflige des conséquences fâcheuses sur la population toute entière, car, la femme étant le moteur du développement dans cette région, sa déstabilisation affecte la productivité. Dans la plupart des cas, les femmes sont violées en présence de leurs enfants, voisins ou parents, et les filles subissent immédiatement le même sort que leurs mères et la moindre hésitation suscite la colère des bourreaux et conduit à des atrocités physiques excessives. Au lieu d'apporter l'appui nécessaire à ces innocentes femmes, la culture locale s'en mêle et autorise leurs maris ou parents à les exclure du foyer.

Jeunes filles violées pendant la guerre et prises en charge par CSCODI.

Des jeunes filles violées en classe pour la préparation aux examens d'États.

Des jeunes filles violées en métiers vocationnels.

Jeunes garçons orphelins en métiers vocationnels.
Expulsées par leurs familles respectives, elles perdent leurs droits d'accéder aux ressources familiales (nourritures, abris et terres) et se retrouvent dans la rue où elles sont exposées à de nouveaux épisodes du viol. Dépourvues de tous moyens financiers, elles se livrent à la mendicité ou la prostitution, avec tous les risques possibles qui en découlent. Quant aux adolescentes, le mécanisme de la débrouillardise est très mince. Elles tombent aussitôt dans le cercle vicieux de la pauvreté avec ses conséquences dévastatrices telles que la malnutrition, les maladies et l'absence d'abri. En plus des mutilations génitales observées parmi les femmes et les adolescents violées, des complications d'accouchement ont été notifiées, plus particulièrement les hémorragies, les ruptures utérines et des fustiles vésico-vaginales. Cette tendance est généralisée dans toutes les provinces de la RDC et plus particulièrement celles du Nord et du Sud-Kivu. En dépit de multiples interventions des organismes non-gouvernementaux, seules les femmes vivant dans les zones urbaines ont plus d'accès aux services médicaux et au support psychologique que celles vivant dans des zones rurales (Mossi, 2006). Pourtant, 80 % de la population de la RDC vivent dans des zones rurales, ce qui sous-tend qu'un nombre important des femmes et les adolescentes violées demeure inconnu. Celles-ci sont privées de tout accès aux services médicaux et assistance psychologique adéquats. A ces termes, les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) liés à la santé maternelle et infantile a moins de chance de se concrétiser dans cette région. Pour ce faire, la question d'absence d'infrastructures médicaux et le manque du personnel qualifié pour la prise en charge de ces victimes, à la fois dans le milieu rural et urbain se pose avec acuité (Mossi, 2006). L'enquête effectuée par l'équipe du Collectif de Sensibilisation communautaire pour le développement intégré (CSCODI) dans certains villages des territoires de Beni et de Lubero a révélé 2918 cas des viols non déclarés ou oubliés, parmi lesquels 1085 adolescentes étaient tombées enceintes et n'avaient bénéficié d'aucun soins appropriés (CSCODI, 2009). C'est à la lumière de cette enquête que le CSCODI a pris l'initiative de prendre en charge des femmes et filles violées en adressant à leurs besoins physiques, socioéconomiques et psychologiques.
Celles ayant complété cinq ans d'école secondaire ou ayant échoué leur examen d'État, reçoivent une formation appropriée pour les y préparer. Elles sont ensuite encouragées à poursuivre leurs études universitaires ou à s'orienter vers un métier vocationnel. Dix huit filles sont présentement en pleine formation. Le CSCODI a offert dix machines à coudre et quelques équipements pour le salon de coiffure pour celles qui embrasent les métiers vocationnels.
Séminaire sur la prise en charge des femmes violées
Le CSCODI est fortement impliqué dans la prise en charge psychologique des femmes et jeunes filles violées en République Démocratique du Congo. C'est ainsi, de concert avec l'appui de l'organisme Canadien, le Healing Streams, le CSCODI a initié une série des séminaires et ateliers organisés pour les leaders locaux et les travailleurs sociaux en vue d'atteindre, d'une part les victimes vivant dans les villages éloignés, et d'autres CSCODI a jugé bon de former les leaders locaux et les travailleurs sociaux sur la prise en charge des personnes traumatisées. Le premier séminaire a eu lieu du 06 au 12 novembre 2006 et a été animé par Pasteur Ross PENNER et Madame DAWN Penner, directrice du Healing Streams. Cet organisme canadien a pour mission d'apporter un soulagement ou une guérison aux individus, familles ou communautés aux cœurs brisés ou vivant avec une blessure profonde. Ce séminaire a connu la participation de plus de 80 leaders locaux et travailleurs sociaux issus de toutes les régions sinistrées par la guerre, plus particulièrement la (1) le district de Bunia, (2) le territoire de Beni, (3) le territoire de Lubero, et (4) les territoires environnant la ville de Goma.

Katembo Kaluma, président du CSCODI accueille l'équipe de «Healing Stream» à Beni.


La MONUC, une mission de l'ONU en RDC a pris part au déroulement du séminaire et s'est dit satisfaite des objectifs et du contenu de ce séminaire.

Le Maire de Beni et le Pasteur Ross de Healing Stream plantent un arbre sur le nouveau terrain de CSCODI où le nouvel hôpital doit être érigé.
Prévus au nombre de 35 participants, ce séminaire a connu la participation de 80 participants. En dépit de ce nombre important, les objectifs assignés à ce séminaire ont été largement atteints. Des témoignages d'une grande bénédiction à travers le séminaire ont été donnés par les participants déclarant leur propre guérison. Ayant reconnu qu'ils étaient eux-mêmes traumatisés, par la cruauté des exactions faites aux femmes, ils ont témoigné avoir compris que le traumatisme est un réel fléau qui concerne toute la population de la RDC eu égard à ses effets dévastatrices sur la l'avenir du pays. Le cas le plus éloquent a été celui d'un participant qui avait donné naissance à une fille avant de rencontrer le Seigneur Jésus-Christ. Aussitôt, ils se sont séparés pendant que l'enfant n'était qu'un bébé. Après la séparation, l'homme a cru au Seigneur et est devenu serviteur de Dieu en temps plein. Après 20 ans de séparation, l'enfant s'est mis à la recherche de son père et c'est durant le séminaire qu'il a rencontre son père pour la toute première fois. Les larmes aux yeux l'enfant a demandé pourquoi il l'a abandonné depuis tout ce temps. Le papa s'est excusé en argumentant que c'est puisque sa mère a fuit avec elle à une destination inconnu et voudrait pas entrer en contact avec lui. La fille a confirmé à son père qu'elle a rencontré le Seigneur Jésus-Christ et demandait à son père si à son tour il l'a aussi rencontré. Le papa a d'abord demandé pardon à sa fille pour n'avoir pas pris soins d'elle, avant de lui confirmer à son tour qu'il a à son tour rencontré le Seigneur Jésus-Christ. C'est à ce moment, que les deux ont fondu en larmes pour la retrouvaille. Cet événement a été le moment fort du séminaire, qui a prouvé qu'on peut servir comme pasteur, tout en portant soi-même des traumatismes profonds desquels on doit d'abord être guéri avant de prendre valablement les autres à sa charge.

Un groupe de femmes violées et d'orphelins encadrés par CSCODI est venu accueillir l'équipe de Healing Stream à l'aéroport de Butembo.

Ross Penner présente une session sur la guérison des personnes aux cœurs brisés ou ayant une blessure profonde.

Dawn Penner supervise des équipes qui débattent des sujets spécifique avant de se retrouver en plénière pour en tirer des leçons.

À la fin du séminaire, chaque participant a obtenu un certificat.
En collaboration avec l'équipe de Healing Streams, un manuel de travail a été élaboré permettant aux participants de se rappeler des principes fondamentaux de la prise en charge des personnes traumatisées et de s'en servir valablement. Deux autres séminaires ont été tenus respectivement dans les villes de Beni et de Bunia. Environs 230 leaders et travailleurs sociaux viennent d'être formés et rendent service à la communauté. Au demeurant, ces séminaires ont permis aux leaders de s'approprier le phénomène du viol, une avancée significative dans la plaidoirie à l'égard des femmes. Des mesures sont en perspectives pour monter une stratégie collégiale en vue d'apporter un appui nécessaire à ces femmes au lieu de les culpabiliser et les exclure de la société.
Agriculture
Le potentiel agricole de la RDC est énorme, et extrêmement diversifié, tant en ce qui concerne les cultures de subsistance (manioc, maïs, riz, bananes, etc.) que les cultures de rente (palmier à huile, café, thé, cacao, arbre à caoutchouc, coton, pyrèthre, tabac, quinine, etc.), auxquelles on peut ajouter également l'exploitation du bois, la pèche, la pisciculture et l'élevage. Les méthodes de travail traditionnelles constituent un obstacle majeur au développement de l'agriculture en RDC, et bien qu'en 1982 les revenus de 60 % de la population étaient basés sur l'agriculture, celle-ci ne représentait, durant les années 80, qu'environ 30 % du PIB.
Entre 1960 et 1989, on observe une tendance à la hausse de la production des principales cultures vivrières. Entre 1990 et 1994, cette tendance s'est confirmée pour la banane plantain, le maïs et l'arachide, tandis que le mouvement s'est inversé pour le manioc, le riz et le haricot. Concernant les cultures destinées à l'exportation, on observe les tendances suivantes, prises globalement sur la période 1960 - 1994 : baisse de production pour le thé, le caoutchouc, le coton et le bois, et hausse de production pour le cacao et le café. Aussi, les principaux produits agricoles se comptent parmi les céréaliers, les oléagineux, les légumineuses, les fruitiers, qui se résument dans les ignames, maïs, sorgho, pomme de terre, haricot, choux, canne à sucre, papaye, mangue, carotte, ananas, coeur de boeuf, courge, courgette, avocat, pamplemousse, orange, huile de palme, sésame, mandarine, patate douce, petit pois, salade, tomate, épinard, citron, pomme, manioc et autres dérivés (FAO/SMIAR, 2001).
Conclusion
Les projets de CSCODI implantés à l'aube de l'année 2006 en RDC s'inscrivent d'une part, dans la logique du partenariat de coopératifs (le cas de l'orphelinat), et d'autres parts des interventions directes du CSCODI, le cas du Centre Mère-Enfant (CMEnf) de Beni. Durant les deux dernières années, les services ont été florissants avec l'augmentation de la fréquentation des malades et des ressources, en dépit de quelques fluctuations observées suite à la difficulté d'approvisionnement en produits pharmaceutiques. Nous avons constaté le besoin accru de certains équipements pour les diagnostics spécifiques tels que l'échographie et la radiographie. De même, nous avons besoin des spécialistes en gynécologie et obstétrique pour prendre en charge les complications dues aux viols des femmes. Nos partenaires sont bien disposés à offrir quelques équipements et fournitures des soins, mais les frais de manutention et du transport de ces équipements font défaut. Nous remercions les organismes et Églises québécois qui nous offerts multiples dons durant l'année 2009. Grâces à ces dons nous avons été capables de répondre, bien que modestement, aux besoins de nos malades d'une part et d'autres parts à ceux de nos orphelins. Nous lançons une demande à quiconque voudrait nous assister dans nos besoins les plus éminents, ceux de la construction du Centre Mère-Enfant et de la finition de l'école des orphelins.
L'accroissement de l'incidence des cas au courant de l'année 2009 semble prouver combien le phénomène de viol est loin de se terminer, lorsque nous savons que 830 cas de femmes et jeunes filles violées sont mensuellement répertoriées contre 500 cas de l'année 2008. Cette exacerbation des cas semble augmenter synchroniquement avec la reprise des hostilités. Néanmoins, cette reconnaissance du phénomène par certains leaders locaux ne signifient absolument rien aussi longtemps que l'impunité des violeurs persiste encore. La pression doit être exercée sur les décideurs pour que des modifications significatives soient apportées dans le code familial et que sa mise en application ne puisse souffrir d'aucune faille.